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 A S S O C I A T I O N  pour l' I N T É G R I T É   G É N I T A L E 


Correspondant :

ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE


 
Le 3 juillet 1997

Dr Léo-Paul Landry
Secrétaire général
Association médicale canadienne

Objet : la circoncision des enfants en bas âge

Monsieur,

La présente lettre a pour objet de vous exposer mon inquiétude au sujet de l'exécution d'un acte médical qui semble violer plusieurs principes fondamentaux de déontologie. La circoncision, en plus d'exposer les enfants en bas âge à des risques chirurgicaux sans comporter d'avantages, détruit des tissus érogènes sains. Il me semble qu'une telle intervention ne peut être considérée à juste titre comme un traitement médical. Par conséquent, je ne comprends pas que cette intervention soit effectuée sans le consentement du patient.

Dans une étude publiée dans le British Journal of Urology (vol. 77, 1996), le Dr John Taylor de l'Université du Manitoba affirme que le prépuce forme une partie importante du mécanisme sensoriel général du pénis. En l'absence de nécessité médicale, l'ablation d'une partie importante des organes génitaux des garçons est-elle plus justifiable que celle d'une partie importante des organes génitaux des filles?

L'Article 1 du Code de déontologie de l'Association médicale canadienne stipule que le mieux-être du patient doit avoir préséance sur toute autre considération. Je ne parviens pas à comprendre comment l'ablation forcée de tissus sexuels sensibles puisse contribuer au mieux-être d'un enfant en santé. L'article 33 de ce code interdit aux médecins de participer à des pratiques qui enfreignent les droits fondamentaux de la personne. De toute évidence, l'ablation de parties du corps sans nécessité médicale empiète sur le plus fondamental des droits de la personne, notamment le droit de chaque individu à son intégrité physique.

À titre indicatif à l'intention des médecins, la British Medical Association caractérisait l'an dernier la circoncision des enfants en bas âge d'acte «contraire à l'éthique et contre-indiqué».

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'expliquer pourquoi l'Association médicale canadienne n'en a pas encore fait autant.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus sincères.

[signature]

D. H arrison

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